Dans cet article, nous allons aborder la notion du pardon dans Matthieu 18.

AVERTISSEMENT : cet article n’est pas encore terminé. Il sera complété petit à petit. Disons que, pour le moment (15/09/2018), il est terminé à 40%.

Problématique

On m’a demandé si pardonner voulait dire oublier. On m’a également posé une question concrète avec une situation bien précise : « si quelqu’un me demande de lui prêter de l’argent plusieurs fois, sans être remboursé, devrais-je lui en donner à chaque fois qu’il en demande ? ». Ces questions s’appuyaient, notamment, sur Matthieu 18:22

« Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois. ».

Contexte

Le chapitre de Matthieu 18 se déroule en Galilée et plus exactement dans une maison à Capernaüm (Matthieu 17:22,24-25). Jésus est le principal orateur.  On peut distinguer deux parties à ce chapitre. Dans les deux cas, Jésus réponds aux questions des apôtres.

  • Les versets 1 à 20,
    • Question des apôtres : qui est le plus grand au royaume des cieux ?
  • Les versets 21 à 35,
    • Question de Pierre : si mon frère pèche contre moi, dois-je lui pardonner jusqu’à 7 fois ?

Versets 1 à 20

Rubrique à venir.

Versets 21 à 35

« Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui dit : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Est-ce que ce sera jusqu’à 7 fois ? »

Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois. »

C’est pourquoi, le royaume des cieux ressemble à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.

Quand il se mit à l’œuvre, on lui en amena un qui devait 10’000 sacs d’argent.

Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna de le vendre, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait, afin d’être remboursé de cette dette.

Le serviteur se jeta par terre et se prosterna devant lui en disant : « [Seigneur, ] prends patience envers moi et je te paierai tout. »

Rempli de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit la dette.

Une fois sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait 100 pièces d’argent. Il l’attrapa à la gorge et se mit à l’étrangler en disant : « Paie ce que tu me dois. »

Son compagnon tomba [à ses pieds] en le suppliant : « Prends patience envers moi et je te paierai. »

Mais l’autre ne voulut pas et alla le faire jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait payé ce qu’il devait.

A la vue de ce qui était arrivé, ses compagnons furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.

Alors le maître fit appeler ce serviteur et lui dit : « Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette parce que tu m’en avais supplié.

Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi ? »

Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »

 

On peut distinguer 3 parties :

  • Verset 21 : la question,
  • Verset 22 : la réponse,
  • Verset 23 à 35 : l’explication de la réponse.

Rappelons les questions posées au début de cet article : « Si quelqu’un me doit de l’argent et viens m’en redemander, dois-je lui en donner encore malgré que la dette ne soit toujours pas remboursée ? » et « Faut-il oublier pour pardonner ? ». Précisons que ce passage a pour sujet principal le pardon et non la gestion de l’argent. 

Dans la comparaison de Jésus, il est fait mention de « dix mille talents » et de « cent deniers ». Certaines traductions parlent de « 10 000 sacs d’argent » et de « 100 pièces d’argent ». On peut lire sur Internet qu’un denier est une pièce d’argent qui correspond au salaire journalier d’un ouvrier. On peut voir également sur le web qu’un talent vaudrait environ 450 000 deniers.

Sans chercher à comprendre ce que représentent exactement ces valeurs, il est bon de souligner que les « dix mille talents » ou les « 10 000 sacs d’argent » représentent une somme astronomique à l’époque de Jésus. A contrario, les « cent deniers » ou les « 100 pièces d’argent » représente une somme plus modeste que la précédente. Ainsi donc, le premier esclave qui doit « dix mille talents » au seigneur a une dette qu’on peut supposer impossible à rembourser.

Certains commentaires font donc un parallèle entre la dette titanesque du serviteur et le péché de l’homme. En effet, il n’est pas possible aux hommes de « rembourser » leur dette du péché (d’où le sacrifice de Jésus-Christ). Si on transpose cette comparaison de Jésus, nous sommes le serviteur possédant une dette (du péché) impossible à rembourser par nos propres moyens. Mais nous avons un Seigneur si bon en amour et en compassion qu’Il nous pardonne ! Cependant, il attend que nous en fassions de-même avec les autres.

Interprétation

Notons que le serviteur dit « prends patience envers moi et je te paierai tout ». Plus tard, le Seigneur lui remet sa dette. Puis, lorsque le Seigneur le rappelle après avoir entendu parler de son comportement, il l’envoi vers les bourreaux jusqu’à ce que sa dette soi payée. Contrairement à une pensée très commune, le fait de pardonner n’implique pas nécessairement d’oublier. Ici, le Seigneur, qui pourtant lui a remis la dette, s’en est souvenu lorsqu’il a envoyé le serviteur vers les bourreaux. Dans l’image que Jésus donne, la morale est le pardon. Le seigneur ne vend finalement ni son serviteur, ni sa femme, ni ses enfants ni tout ce qu’il avait. Ce même seigneur attendait un comportement similaire de la part de ce même serviteur.

Ainsi donc, dans cet exemple, on peut voir que le Seigneur n’oublie pas mais il est pris de compassion et ne demande plus le remboursement ; il remet la dette. Le terme grec (Aphiemi, numéro Strong 863, traduit par « pardonner ») employé par Pierre en Matthieu 18:21 a pour traduction :

  1.  Envoyer au loin, renvoyer, répudier,
  2. Permettre, accorder, donner une chose à quelqu’un,
  3. Quitter, laisser quelqu’un.

Le terme « oublier » en français a aujourd’hui un sens qui laisse penser que notre mémoire doit effacer un souvenir. Or, les définitions du terme grec ne mentionne pas cette idée là par rapport à la mémoire. Dans l’exemple cité par Pierre, il s’agirait plutôt de lui accorder patience et compassion. C’est ce qui ressort de la comparaison que Jésus donne : les esclaves demandent patience, le seigneur est prit de compassion et il accord au premier esclave la remise de dette. Mais, encore une fois, le seigneur n’a pas oublié cette dette car, lorsqu’il envoi le premier esclave en prison, il est précisé : « Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. » (Matthieu 18:34).

La question pratique qui est de savoir si on doit donner à nouveau de l’argent à quelqu’un qui a déjà une dette envers nous n’est, à priori, pas la question ici. A vrai dire, je pense que la réponse à cette question serait à voir au cas par cas. Mais ce chapitre de Matthieu 18 ne nous dit pas de donner encore dans une telle situation. Si vous vous demander si ce passage de la Bible correspond à votre situation, mais que vous ne savez pas comment agir concrètement, je vous invite à poser votre dilemme soit en commentaire de cet article, soit via le formulaire de contact.

Notes

1 – Voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Denier_(monnaie).

2 – Voir sur http://www.bibleenligne.com/commentaire-simple/commentaire/mt/977-matthieu-18-15-35.html.

3 – Voir sur http://www.trigofacile.com/jardins/chronica/civilisation/0400-monnaie.htm.