Ce partage vise à répondre à la question que m’a posé un musulman. Il m’a montré une vidéo dans laquelle le sujet est abordé et m’a demandé d’y répondre dans le cas où je ne serais pas d’accord. Mon intention ici est donc de partager mon point de vue et non pas d’offenser qui que ce soit.

Les idées et les arguments que j’ai entendu1

Le prophète Mohamed est cité dans la Bible à plusieurs reprises. Les versets cités ci-dessous parlent de Mohamed :

  • Deutéronome 18:18-19,
  • Ésaïe 29:12,
  • Cantiques 5:16,
  • Jean 14:16,
  • Jean 15:26,
  • Jean 16:7,
  • Jean 16:12-14.

Le terme hébraïque dans Cantiques 5:16, “Muhammad”, est traduit : il est plein de charme. Dans les langues sémitiques, on ajoute le suffixe ‘im’ quand on veut donner le respect à quelqu’un. Le prophète est ainsi cité dans la Bible.

Le fruit de mes recherches

Deutéronome 18:18-19

« Je ferai surgir pour eux, du milieu de leurs frères, un prophète comme toi. Je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai.
Si quelqu’un n’écoute pas mes paroles, celles qu’il dira en mon nom, c’est moi qui lui en demanderai compte. »

Contexte

Le Deutéronome a pour objet principal de préparer le peuple d’Israël à la traversée du Jourdain et à l’entrée en Canaan, le pays promis par Dieu. Le but de ce livre est de préparer les Israélites à la possession des bénédictions que l’Éternel voulait leur donner dans le pays. Aussi l’obéissance joue-t-elle un rôle très important dans le Deutéronome. L’obéissance aux commandements de Dieu conduit à la bénédiction, la désobéissance entraîne la malédiction et le jugement.2

Moïse semble être l’auteur du Deutéronome. Dans ce chapitre 18, Moïse parle au peuple d’Israël.

Sujets traités

Versets 1-8 : les droits des sacrificateurs et des Lévites.

Versets 9-14 : les abominations des nations.

Versets 15-19 : le vrai prophète.

Versets 20-22 : le faux prophète.

Problématique

La question qui sera traité ici est : Mohamed est-il le prophète cité dans les versets 15, 18 et 19 du chapitre 18 de ce livre ? De manière plus générale, qui est ce prophète ?

Analyse

Tout d’abord, précisons que Deutéronome 18:16 fait référence à Exode 20:19.

Deutéronome 18:16

« Il répondra ainsi à la demande que tu as faite à l’Éternel, ton Dieu, à Horeb, le jour de l’assemblée. Tu disais : “Je ne veux plus entendre la voix de l’Éternel, mon Dieu, ni voir ce grand feu, afin de ne pas mourir.” »

Exode 20:19

« Ils dirent à Moïse : “Parle-nous, toi, et nous écouterons ; mais que Dieu ne nous parle pas, sinon nous mourrions.” ».

Voyons maintenant Deutéronome 18:15 :

« Il suscitera pour vous un prophète comme moi, issu de votre peuple, l’un de vos compatriotes : écoutez-le. ».

Moïse s’adresse au peuple d’Israël, peuple issu de Jacob fils d’Isaac. Or, si on pense que Mohamed est issu d’Ismaël qui est le frère d’Isaac, alors le prophète annoncé ici ne peut pas être Mohamed.

Le chapitre 3 des Actes des apôtres révèle l’identité de ce prophète en citant ce verset de Deutéronome 18:18, notamment Actes 3:22 :

« Moïse a dit [en effet à nos ancêtres] : Le Seigneur votre Dieu fera surgir pour vous, parmi vos frères, un prophète comme moi ; vous l’écouterez dans tout ce qu’il vous dira ».

Il y a aussi Jean 1:45 :

« Philippe rencontra Nathanaël et lui dit : “Nous avons trouvé celui que Moïse a décrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé : Jésus de Nazareth, fils de Joseph.” ».

Il y aussi le chapitre 5 de Jean, et notamment Jean 5:46, où Jésus dit :

« En effet, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu’il a écrit à mon sujet. ».

Jésus donne donc lui-même la réponse à la question.

Ésaïe 29:11-12

« Toute cette vision est devenue pour vous pareille aux mots d’un livre cacheté que l’on donne à un homme qui sait lire en lui disant : ”Lis donc ceci !” Il répond : ”Je ne peux pas, car il est cacheté.”

Elle est devenue pareille à un livre que l’on donne à un homme qui ne sait pas lire en lui disant : “Lis donc ceci !” Il répond : “Je ne sais pas lire.” »

Analyse

Le livre d’Ésaïe est le livre prophétique le plus long et le plus complet des Saint Écritures. Le chapitre 29 parle d’un malheur sur Jérusalem et sur ceux qui méprisent Dieu.3

Les versets d’Ésaïe 29:11-12 expliquent que la vision donnée précédemment, concernant le malheur de Jérusalem, n’est pas compréhensible pour ceux qui l’ont entendu. D’où la comparaison avec l’homme aveugle. L’auditoire est comme un homme aveugle à qui on dit de lire un livre : il en ai incapable. Cet homme aveugle ne fait donc pas référence à Mohamed. L’auditoire ne comprends pas le sens de la vision qui leur a été annoncée.

Cantiques 5:16

« Son palais n’est que douceur et toute sa personne est désirable. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, filles de Jérusalem ! »

Analyse

Le terme cité dans Cantiques 5:16 est un mot hébreu : Machmad (מַחְמַד ,4261). Il vient de Chamad (2530, חָמַד). Sa définition est : Délices, chose désirable, plaisante. Dans la langue hébraïque, c’est un nom. Déjà, on constate que ce n’est pas « Muhammad » mais « Machmad » qui est employé.

Voici un texte trouvé sur Internet qui exprime bien les faits :

« Salomon a-t-il prédit Muhammad ?

Le passage suivant, quoi qu’il soit moins populaire que Deutéronome 18 et Jean 14-16, est probablement en troisième position des textes les plus cités comme trouvant leur accomplissement en Muhammad. Ce passage illustre également les arguments les moins convaincants que les partisans islamiques aient pu avancer. Et pourtant, des vidéos conséquentes circulent sur internet, présentant ce texte comme une mention “claire” et “saisissante” de Muhammad dans la Bible. Il se trouve que beaucoup de musulmans, de part le monde entier, acceptent cela sans aucune réserve.

Je fais ainsi référence à la revendication populaire (là aussi avancée par Ahmed Deedat et répétée ensuite par plusieurs) que le nom Muhammad même se trouve dans le texte original, c’est-à-dire dans la Bible hébraïque. Où exactement ? En Cantique des Cantiques 5:16 :

Son palais n’est que douceur,

Et toute sa personne est pleine de charme.

Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami,

Filles de Jérusalem!”

Permettez-moi d’expliquer la signification du passage ci-dessus afin de pouvoir correctement examiner cette revendication islamique. Cette portion de l’Écriture est une célébration de l’amour ordonné par Dieu dans le mariage, issue des paroles d’une fiancée exprimant son amour pour son futur époux. Certains exégètes chrétiens ont aussi vu dans ces mots une tonalité prophétique pointant vers la relation entre Christ et Son Église. Toutefois, il s’agirait là alors de l’accomplissement d’un thème (christologique) plutôt que de l’intention originelle de l’auteur.

Dans la description de son amour pour son futur époux, la fiancée déclare que la bouche de ce dernier est mam’takkim (en Hébreu), “très douce”. Ensuite, de façon poétique, elle dit qu’il est machamaddim, “pleine de charme”. Notez le parallèle, mam’takkim et machamaddim. Le second terme a pour racine chamad, lequel signifie “désir, chose désirable,” “objet précieux”, et “ce qui est agréable aux yeux”. Il est utilisé treize fois dans la Bible hébraïque. Ici au pluriel, il est employé au superlatif; ainsi donc “le plus désirable”, “le plus agréable”, sont utilisés par la fiancée pour décrire le futur époux.

Qu’est-ce que ceci a donc à voir avec Muhammad ? Et bien, logiquement, linguistiquement et historiquement parlant, rien du tout. Mais nombreux musulmans croient qu’ici, précisément, se trouve le nom de Muhammad dans la Bible. Ignorons un instant les problèmes inhérents au passage d’une langue à une autre, même concernant les langues de la même famille (l’hébreu et l’arabe sont des langues sémitiques mais possédant des différences de structure grammaticale et syntaxique). Les Musulmans sont passés de machamaddim à machamad (singulier) à Muhammad, concluant finalement qu’ici donc, dans la langue originelle, se trouve le nom de Muhammad !

Il est difficile de prendre une telle argumentation au sérieux, et pourtant plusieurs le font.

Pour commencer, si chaque mention de ce terme est une référence à Muhammad, est-ce vrai que :

– Mohamed a été saisi et sorti d’une maison (1 Rois 20:6)?

– Mohamed a été détruit et livré au feu (2 Chroniques 36:19) ?

– Mohamed a été dévasté et transformé en ruine complète (Ésaïe 64:10) ?

Si ce n’est pas le cas, pour quelle raison ? Ne serait-il pas logique et cohérent d’y voir une mention de Muhammad à chaque utilisation du terme machamaddim ? Il est donc évident qu’une telle méthodologie est terriblement erronée et aboutirait à la “découverte” de toutes sortes de choses dans n’importe quel texte de langue étrangère, et ce, sans véritable fondement.

En Arabe, plusieurs mots proviennent de la même racine, sans pour autant tous dénoter Muhammad. Un musulman naïf pourrait tout aussi affirmer que le nom de Muhammad apparaît en Surah 1, Al Fatihah, verset 1 : Alhamdo lillahi Rabbi ‘lalamin (“Loué soit Dieu, le Seigneur des mondes”). De la même façon, un Hindu pourrait dire que le nom de Ram ou une autre de ses divinités était mentionné dans le Coran, parce qu’au verset 1 de Surah 30, Ar-Rum, il est écrit “les Romains ont été vaincus”. Ce type d’argument est indigne de la part d’hommes instruits et capables de jugement !

Il est aussi intéressant de noter que beaucoup de musulmans sont outragés qu’un texte tel que Cantique des Cantiques, qui est une chanson d’amour utilisant parfois un langage érotique, puisse faire partie de la Parole de Dieu, la Bible. Mais ensuite, ils “oublient” complètement cette critique et essaient de trouver le nom de Muhammad, sans être le moins du monde embarrassés, au milieu même de ce poème d’amour exprimant le désir d’une femme pour son amant. Considérez tout ce qui est dit à propos de Cantiques des Cantiques 5-6. L’argumentaire est le suivant : ceci ne devrait pas être dans la Bible, un langage aussi érotique étant indigne de la Parole de Dieu, mais il s’agit néanmoins d’une prophétie au sujet de Muhammad.

Le Coran revendique que Muhammad est spécifiquement mentionné dans la Torah et l’Injil. Par conséquent, un autre problème est dans le fait que bien que les musulmans essaient de trouver une mention biblique de Muhammad pour confirmer les affirmations du Coran, le Cantiques des Cantiques ne fait partie ni de la Torah, ni des Évangiles, de sorte que même s’il parlait de Muhammad, ce verset (Can 5:16) ne serait d’aucune utilité pour satisfaire cette revendication Coranique. »4

Selon moi, cet argumentaire résout la problématique par rapport au verset Cantiques 5:16.

Jean 14:16-17

« Quant à moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur afin qu’il reste éternellement avec vous : l’Esprit de la vérité, que le monde ne peut pas accepter parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. [Mais] vous, vous le connaissez, car il reste avec vous et il sera en vous.»

Analyse

En lisant simplement ces versets, nous constatons que l’identité du « défenseur » est donnée : l’Esprit de la vérité.

Jean 15:26

« Quand sera venu le défenseur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de la vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. »

Analyse

Comme l’indique ce même verset, le « défenseur » est « l’Esprit de la vérité qui vient du Père ».

Jean 16:7

« Cependant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille. En effet, si je ne m’en vais pas, le défenseur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai »

Analyse

Le terme employé ici, traduit par « le défenseur », est le mot « Parakletos » (n° strong 3875), est employé 5 fois dans le nouveau testament. 4 fois pour parler du Saint-Esprit et une fois pour parler de Jésus. Ici, le mot « Parakletos » fait référence au Saint-Esprit, à l’Esprit de Dieu.

Jean 16:12-14

« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les supporter maintenant.

Quand le défenseur sera venu, l’Esprit de la vérité, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir.

Il révélera ma gloire parce qu’il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. »

Analyse

Comme l’indique ce même verset, le « défenseur » est « l’Esprit de la vérité ».

Sources

https://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/1001060086

http://editionsbakish.com/grammaire-de-lhebreu-biblique/grammaire-avant-propos/gram-10-nom-et-groupe-nominal/

http://www.dialogueislam-chretien.com/t5235p40-qui-est-cet-muhammadim-dont-on-parle-dans-la-torah

http://biblehub.com/hebrew/4261.htm

https://topbible.topchretien.com

https://emcitv.com

 

 

 

2 Vue d’ensemble de la Bible d’Arend Remmers

3 Vue d’ensemble de la Bible d’Arend Remmers