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« La femme ne dispose pas de son propre corps… »

Verset parfois mal compris, parfois mal utilisé dans le but de justifier des actes qui n’ont pas lieu d’être dans le cadre d’un mariage. Voyons ensemble si nous pouvons mettre à nu ce verset et faire tomber le voile de mystère qui l’enveloppe !



Introduction

Nous allons essayer de comprendre le sens du verset 1 Corinthiens 7.4 en explorant le contexte immédiat. Une plus longue étude pourrait être faite sur les versets que nous lirons, mais ce n’est pas le but ici.

A l’origine, quelqu’un m’a posé la question suivante : « que veut dire ce verset ? Car, sorti de son contexte, il peut être utilisé pour justifier, au nom de la Parole de Dieu, n’importe quels actes imposés dans le mariage : violences physiques, violences sexuelles, etc..

Les versets cités ici sont issus de la version de David H. Stern de la Bible. Voir La Bible Juive complète et Nouveau Testament un livre juif.

La gravité du péché

Afin de bien comprendre le verset étudié, il est nécessaire de bien comprendre le contexte et notamment les versets précédents. Nous allons donc voir ensemble le passage de 1 Corinthiens 6.9-20. Nous verrons ensemble que Paul insiste sur la gravité des péchés cités aux versets 9 et 10. Cette insistance sera utile pour comprendre le raisonnement concernant les versets du chapitre 7.

Ne savez-vous pas que les injustes n’auront pas leur part dans le Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas, ni ceux qui ont des relations sexuelles avant le mariage, ni ceux qui adorent les idoles, ni ceux qui ont des relations sexuelles pendant le mariage avec une personne autre que leur conjoint, ni ceux qui ont des relations homosexuelles, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni ceux qui méprisent les autres, ni ceux qui dérobent n’auront de part dans le Royaume de Dieu.

1 Corinthiens 6.9-10, La Bible

Du verset 6.9 au verset 6.10, Paul déclare que ces activités inspirées par notre nature déchue sont injustes ; et il rappelle que les injustes n’auront pas leur part dans le royaume de Dieu. Pourquoi est-ce injuste me direz-vous ? En effet, certains comprendront rapidement que c’est pécher mais de là à dire que c’est injuste ? Où est l’injustice ? Dans les différents cas cités par Paul concernant les rapports sexuels ; si toutes les personnes participantes à ces activités sont d’accords, où est l’injustice me direz-vous ? C’est au verset 11 que Paul donne en partie la réponse.

Certains d’entre vous pratiquaient ces choses, mais vous avez été purifiés, vous avez été mis à part pour Dieu, vous avez été reconnus justes par la puissance du Seigneur Yéshoua le Messie et par l’Esprit de notre Dieu.

1 CORINTHIENS 6.11, LA BIBLE

En effet, il s’adresse à des personnes désireuses de suivre l’enseignement du Christ, comme indiqué au verset 1.2. Ces personnes ont été justifiées et purifiées grâce à Jésus le Messie et grâce à l’Eternel. Pourquoi donc serait-il juste que ces personnes là soient justifiées et purifiées si elles continuent de pratiquer l’immoralité sexuelle, au même titre que les autres ? Voilà l’injustice ! Nous ne pouvons être purifiés du péché et continuer de le pratiquer. C’est ce que nous voyons au verset 11.

Pourtant, la tentation existe bien, chez les uns comme chez les autres. En effet, même si vous avez décidé de suivre les enseignements de Jésus le Messie, la tentation peut toujours frapper à votre porte ! Notez bien que les versets 9 et 10 ne condamnent pas ceux qui sont tentés mais ceux qui pratiquent. Que faire alors si nous sommes tentés ? Paul donne une partie de la réponse au verset suivant.

Vous dites : « Pour moi, tout m’est permis ? » Peut-être, mais tout n’est pas utile. « Pour moi, tout m’est permis ? » Peut-être, mais pour ce qui me concerne je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit.

1 CORINTHIENS 6.12, LA BIBLE

Au verset 12, Paul indique comment lui se comporte afin de ne pas pratiquer ces immoralités sexuelles. En effet, il dit qu’il ne se laissera pas dominer par quoi que ce soit. Paul est certainement conscient de la tentation que peut représenter le désir charnel. Mais il ne souhaite pas se laisser diriger par de telles envies. Cette déclaration de Paul laisse entendre que celle ou celui qui se laisse asservir ainsi n’est plus maître de son corps. Il ne laissera pas l’immoralité sexuelle devenir le centre de ses désirs ; dit autrement : il ne laissera pas son désir se porter sur l’immoralité sexuelle.

« La nourriture est pour le ventre et le ventre pour la nourriture. » Peut-être, mais Dieu détruira l’un et l’autre. Quoi qu’il en soit, le corps n’est pas fait pour l’immoralité sexuelle mais pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps. Dieu a ressuscité le Seigneur et il nous ressuscitera aussi par sa puissance.

1 CORINTHIENS 6.13-14, LA BIBLE

Voici une autre manière d’expliquer : au verset 13, Paul fait une comparaison avec la nourriture et le ventre. En effet, l’un trouve sa raison d’être par rapport à l’autre ! Or, le corps n’est pas fait pour l’immoralité sexuelle. Ainsi il déclare que le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps. Nous voyons ici que l’usage originel du corps n’est pas l’immoralité sexuelle. Or, Paul dit que Dieu nous ressuscitera comme il l’a fait pour le Seigneur. Il fait un lien avec le corps. Ainsi, Paul fait écho au verset 11 et souligne l’injustice décrite précédemment.

De plus, on peut constater une comparaison qui exprime la gravité de ce péché : d’un côté nous avons « […] mais Dieu détruira l’un et l’autre. » et d’un autre côté « Dieu a ressuscité le Seigneur et Il nous ressuscitera aussi par sa puissance ». L’usage non naturel du corps pour l’immoralité sexuelle est associé à l’idée de destruction et donc de mort. Ceci accentue encore ce qui est doublement dit au verset 9 « Ne savez-vous pas que les injustes n’auront pas leur part dans le Royaume de Dieu ? » et au verset 10 « […] n’auront de part dans le Royaume de Dieu ».

Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres du Messie ? Irai-je donc prendre les membres du Messie pour en faire les membres d’une prostituée ? Que le ciel m’en garde ! Ne savez-vous pas que celui qui s’unit à une prostituée devient avec elle un seul corps ? Car voici ce que dit le Tanakh : « Les deux deviendront une seule chair »1, Par contre, celui qui est uni au Seigneur ne fait qu’un seul esprit.

1 – Genèse 2.24

1 CORINTHIENS 6.15-17, LA BIBLE

Pour faire écho au verset 11, les versets 15, 16 et 17 nous montre à quelle point c’est bien là une injustice. Comme au verset 11, ce péché est mis en parallèle avec la justice de Jésus le Messie. En effet, il est vraiment important de comprendre la gravité de la situation pour comprendre les versets du chapitre 7.

Fuyez l’immoralité sexuelle ! Tout péché que l’homme commet est extérieur à son corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps. Ou bien ne savez-vous pas que votre corps est un temple pour le Rouach HaKodesh qui réside en vous et que vous avez reçu de Dieu ? De ce fait vous ne vous appartenez pas, car vous avez été achetés à un grand prix. Utilisez donc votre corps pour glorifier Dieu.

1 CORINTHIENS 6.18-20, LA BIBLE

De-même qu’au verset 12, le verset 18 se positionne dans l’action : fuyez l’immoralité sexuelle !

C’est ainsi que Paul se répète par deux fois afin de faire comprendre la gravité de ce péché et l’injustice commise. Il met cela en contraste avec la justice de Dieu. Puis, Paul explique également au verset 19 et 20 que nous sommes le temple de l’esprit saint de Dieu. Ainsi, notre corps n’est plus à nous, il ne nous appartient plus.

Structure du passage de 1 Corinthiens 6.9-20

Explications et recommandations de Paul

Nous avons vu que Paul insiste sur la gravité de ces péchés. C’est après l’avoir expliqué qu’il répond aux questions posés. Cette explication permet notamment de comprendre la réponse de Paul au verset 7.2-4.

Pour ce qui est maintenant des questions que vous me posez dans vos lettre : « Est-il bon pour un homme de se passer de femme ? » Eh bien, à cause des dangers de l’immoralité sexuelle, il vaut mieux que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son mari.

1 Corinthiens 7.1-2, La Bible

Paul en vient aux questions qui lui ont été posées : « Est-il bon pour un homme de se passer de femme ? ». Au vu du danger expliqué précédemment et de la gravité de ce problème épineux, il vaut mieux que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari. C’est ce que semble dire le verset 2. « Eh bien, à cause des dangers de l’immoralité sexuelle » fait référence à son explication au chapitre 6. Il conseil donc que chaque mari ait sa femme et chaque femme son mari.

Selon moi, Paul à bien compris la puissance du combat entre les désirs intérieurs (je parle des désirs mauvais) et des commandements de Dieu. Il comprends la puissance de la tentation. Ainsi, il préconise que chaque femme ait son mari et chaque mari sa femme.

Que le mari s’acquitte de son devoir d’époux envers sa femme et qu’il en soit de même pour la femme envers son mari.

1 Corinthiens 7.3, La Bible

Dans le cadre du mariage, Paul ajoute que chacun remplisse son devoir. En effet, les relations sexuelles ne peuvent se pratiquer sainement qu’à l’intérieur du mariage. Ainsi nous pouvons dire que le devoir de l’époux est d’aller vers sa femme, si celle-ci le désire, et réciproquement. Nous retrouvons cette notion dans le verset d’Exode 21.10.

S’il prend une autre femme, il ne diminuera pas sa nourriture, ses vêtements et ses droits conjugaux.

Exode 21.10, La bible

Enfin, nous en arrivons au verset qui semble soulever la controverse :

La femme ne dispose pas de son propre corps, mais c’est le mari ; pareillement, le mari ne dispose pas de son propre corps, mais c’est l’épouse.

1 corinthiens 7.4, La bible

Dans ce contexte où Paul nous explique que le désir charnel peut contrôler, soumettre, avoir autorité, dominer et asservir hommes et femmes ; dans ce contexte où Paul conseille que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari à cause de ce désir. Voici comment je comprends le verset 4 : le désir de la femme se portera sur son mari et le désir du mari se portera sur sa femme. En effet, si nous ne pouvons dominer sur notre désir naturel comme Paul l’a fait, alors il est préférable de se marier. Et dans ce contexte marital, nous n’avons pas lieu de lutter. Ainsi nous n’avons pas autorité sur notre propre corps mais c’est notre conjoint.

Ne vous privez pas l’un de l’autre, si ce n’est momentanément d’un commun accord, et seulement dans la mesure où vous pourrez profiter d’un peu de ce temps pour la prière ; ensuite soyez de nouveau ensemble, de peur que vous ne succombiez aux tentations de l’Adversaire à cause de votre manque de maîtrise. Je vous dis ces choses non comme un commandement mais comme un conseil.

1 Corinthiens 7.5-6, la bible

Ainsi Paul conseille à l’épouse et au mari de ne pas se priver l’un de l’autre au verset 5, sauf pour un cas bien précis. Mais il se justifie en disant : « […] ensuite soyez de nouveau ensemble, de peur que vous ne succombiez aux tentations de l’Adversaire à cause de votre manque de maîtrise. » Là encore, il parle d’un manque de maîtrise, d’un asservissement, par rapport au désir charnel, ce qui fait écho au verset de 1 Corinthiens 6.12.

L’idée de se marier lorsque nous ne pouvons résister à la tentation est de canaliser nos désirs de manière saine et respectueuse dans le cadre marital.

En fait, j’aimerais que tous les hommes soient comme moi ; mais chacun a reçu de Dieu un don personnel, l’un ce don-ci, l’autre ce don-là. Voici ce que je déclare également aux célibataires et aux veuves : il est bon qu’ils demeurent non mariés comme moi ; mais s’ils ne savent pas se maîtriser, qu’ils se marient, car il vaut mieux se marier que de continuer de brûler du désir sexuel.

1 Corinthiens 7.7-9, la bible

Puis aux verset 7 et 8, Paul indique qu’il est préférable de rester comme lui mais il précise que chacun a reçu de Dieu un don différent (cela pourrait également expliquer pourquoi il existe des différences entre les appétences sexuelles de chacun). En effet, Paul ne souhaite par nous faire culpabiliser pour un désir qui est naturel. Mais il nous adjoint d’avoir une conduite appropriée en tant qu’enfant de Dieu. Car, comme il le dit au verset 9 : il vaut mieux se marier que de brûler. Ainsi certains pourront rester célibataire sans risquer de commettre de péché car il en auront reçu le don. De-même, certains ont reçu le don du mariage, alors inutile de se rajouter un fardeau en voulant lutter contre des désirs naturels, alors que le mariage est justement le cadre parfait pour l’épanouissement sexuel de l’épouse et du mari.

Le terme « Exousiazo » n°1850

Le terme « autorité », utilisé deux fois dans ce verset, est une traduction du terme grec « Exousiazo » (n°1850 Strong), signifiant dominer, asservir, avoir autorité. Ce terme est utilisé quatre fois dans la bible.



RéférenceVerset
Luc 22 : 25Mais Yéshoua leur dit : « Les rois des Goyim dominent sur eux ; et ceux qui ont autorité sur eux reçoivent le titre de ‘Bienfaiteur’. »
1 Corinthiens 6 : 12Vous dites : « Pour moi, tout m’est permis ? » Peut-être, mais tout n’est pas utile. « Pour moi, tout m’est permis ? » Peut-être, mais pour ce qui me concerne je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit.
1 Corinthiens 7 : 4La femme ne dispose pas de son propre corps, mais c’est le mari ; pareillement, le mari ne dispose pas de son propre corps, mais c’est l’épouse.
Liste des occurrences du terme grec « Exousiazo » (n°1850 Strong)


Le verset de 1 Corinthiens 6.12 est essentiel pour comprendre le sens du verset 4 du chapitre 7. En effet, au chapitre 6, le terme grec est traduit par « asservir ». Paul nous explique ici qu’il ne se laissera pas asservir par quoi que ce soit. Ce qui est important de noter est que le terme traduit ici par asservir est employé pour parler d’un objet « quoi que ce soit » sur une personne, Paul en l’occurrence.

Ainsi donc le terme asservir ne s’applique pas forcément d’une personne sur une personne. Ainsi, lorsque le verset de 1 Cor 7.4 nous indique que la femme ne dispose pas (Exousiazo) de son propre corps mais que c’est le mari nous pouvons comprendre cela d’une manière similaire au verset 1 Cor 6.12. La femme n’a pas autorité (Exousiazo) sur son propre corps car, naturellement, son désir se porte sur son mari. De-même pour le mari dont le désir se porte sur sa femme.

Le verset 5 nous éclaire encore d’avantage. En effet, c’est justement dans une relation maritale que l’on peut avoir des rapports sexuels respectueux avec son conjoint. Ainsi donc, inutile pour le mari et pour la femme de se refuser l’un l’autre, sauf d’un commun accord et pour des cas particuliers, comme Paul l’indique. Le mari et la femme n’ont pas de raison de lutter contre leurs désirs sexuels réciproques car ils sont mariés. De ce fait, le mari n’a pas autorité sur son propre car il est dominé par son désir naturel porté sur sa femme. De-même pour la femme envers son mari.

Pour conclure, de manière naturelle, le désir de l’homme se porte sur sa femme, et il en va de-même pour la femme envers son mari. De manière respectueuse l’un de l’autre, il n’y a pas de raison que l’épouse et le mari se refuse. Sauf d’un commun accord pour des raisons bien précises. Nous voyons également que ce verset 5 exclut les cas d’abus. Car si l’un ne souhaite pas de rapport, l’autre ne doit pas l’y obliger.

Différentes traductions


VersionTraduction
Segond 21Ce n’est pas la femme qui est maîtresse de son
corps, mais son mari. De même, ce n’est pas le
mari qui est maître de son corps, mais sa femme.
Segond
1910
La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et pareillement, le mari n’a
pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme.
Segond
1978
(Colombe)
La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et, pareillement, le mari
n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est
la femme.
Parole de
Vie
La femme ne peut pas faire ce qu’elle veut de son corps : son corps est à son mari. Le mari ne peut
pas faire ce qu’il veut de son corps : son corps
est à sa femme.
Français
Courant
La femme ne peut pas faire ce qu’elle veut de son
propre corps : son corps est à son mari ; de
même, le mari ne peut pas faire ce qu’il veut de
son propre corps : son corps est à sa femme.
SemeurCar le corps de la femme ne lui appartient plus,
il est à son mari. De même, le corps du mari ne lui appartient plus, il est à sa femme.
Parole
Vivante
En effet, le corps de la femme ne lui appartient
plus : il est à son mari. De même, le corps du
mari ne lui appartient plus : il est à sa femme.
DarbyLa femme ne dispose pas de son propre corps, mais
le mari ; et pareillement aussi le mari ne
dispose pas de son propre corps, mais la femme.
MartinCar la femme n’a pas son propre corps en sa
puissance, mais [il est en celle] du mari ; et le
mari tout de même n’a pas en sa puissance son
propre corps, mais [il est en celle] de la femme.
OstervaldLa femme n’est point maîtresse de son propre
corps, mais c’est le mari ; de même aussi, le
mari n’est point maître de son propre corps, mais c’est la femme.
Hébreu / Grec – StrongLa femme 1135 n’a pas 3756 autorité 1850 5719 sur
son 2398 propre corps 4983, mais 235 c’est le
mari 435 ; et 1161 pareillement 3668 2532, le
mari 435 n’a pas 3756 autorité 1850 5719 sur son
propre 2398 corps 4983, mais 235 c’est la
femme 1135.
World English BibleThe wife doesn’t have authority over her own
body, but the husband. Likewise also the husband
doesn’t have authority over his own body, but the wife.
David H. SternLa femme ne dispose pas de son propre corps, mais
c’est le mari ; pareillement, le mari ne dispose pas de son propre corps, mais c’est son épouse.
André ChouraquiLa femme n’a pas de pouvoir sur son corps, mais
l’homme.
De même, l’homme n’a pas de pouvoir sur son
corps, mais la femme.
Différentes traductions du verset de 1 Corinthiens 7.4

Conclusion

Ce que nous pouvons retenir :

  • Ce verset (et même toute la Bible) ne justifie nullement les abus, les violences et les crimes sexuels (dans le mariage ou en dehors) ;
  • L’immoralité sexuelle est un grave péché ;
  • Il serait injuste d’être sauvé tout en continuant de pratiquer volontairement l’immoralité sexuelle ;
  • Paul veut nous faire comprendre que notre désir se porte vers l’autre personne. C’est là le sens de l’emploi du mot parfois traduit par « autorité ». Ainsi il vaut mieux se marier que de commettre un grave péché et il vaut mieux que chaque homme ait son épouse et chaque femme son mari. Malgré sa volonté, la femme comme l’homme ne peut s’empêcher de ressentir du désir pour l’autre. Ressentir un tel désir est normal mais il ne faut pas pour autant pratiquer l’inconduite sexuelle, d’où la recommandation de Paul de se marier.



Le pardon dans Matthieu 18

Dans cet article, nous allons aborder la notion du pardon dans Matthieu 18.

AVERTISSEMENT : cet article n’est pas encore terminé. Il sera complété petit à petit. Disons que, pour le moment (15/09/2018), il est terminé à 40%.

Problématique

On m’a demandé si pardonner voulait dire oublier. On m’a également posé une question concrète avec une situation bien précise : « si quelqu’un me demande de lui prêter de l’argent plusieurs fois, sans être remboursé, devrais-je lui en donner à chaque fois qu’il en demande ? ». Ces questions s’appuyaient, notamment, sur Matthieu 18:22

« Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois. ».

Contexte

Le chapitre de Matthieu 18 se déroule en Galilée et plus exactement dans une maison à Capernaüm (Matthieu 17:22,24-25). Jésus est le principal orateur.  On peut distinguer deux parties à ce chapitre. Dans les deux cas, Jésus réponds aux questions des apôtres.

  • Les versets 1 à 20,
    • Question des apôtres : qui est le plus grand au royaume des cieux ?
  • Les versets 21 à 35,
    • Question de Pierre : si mon frère pèche contre moi, dois-je lui pardonner jusqu’à 7 fois ?

Versets 1 à 20

Rubrique à venir.

Versets 21 à 35

« Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui dit : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Est-ce que ce sera jusqu’à 7 fois ? »

Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois. »

C’est pourquoi, le royaume des cieux ressemble à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.

Quand il se mit à l’œuvre, on lui en amena un qui devait 10’000 sacs d’argent.

Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna de le vendre, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait, afin d’être remboursé de cette dette.

Le serviteur se jeta par terre et se prosterna devant lui en disant : « [Seigneur, ] prends patience envers moi et je te paierai tout. »

Rempli de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit la dette.

Une fois sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait 100 pièces d’argent. Il l’attrapa à la gorge et se mit à l’étrangler en disant : « Paie ce que tu me dois. »

Son compagnon tomba [à ses pieds] en le suppliant : « Prends patience envers moi et je te paierai. »

Mais l’autre ne voulut pas et alla le faire jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait payé ce qu’il devait.

A la vue de ce qui était arrivé, ses compagnons furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.

Alors le maître fit appeler ce serviteur et lui dit : « Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette parce que tu m’en avais supplié.

Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi ? »

Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »

 

On peut distinguer 3 parties :

  • Verset 21 : la question,
  • Verset 22 : la réponse,
  • Verset 23 à 35 : l’explication de la réponse.

Rappelons les questions posées au début de cet article : « Si quelqu’un me doit de l’argent et viens m’en redemander, dois-je lui en donner encore malgré que la dette ne soit toujours pas remboursée ? » et « Faut-il oublier pour pardonner ? ». Précisons que ce passage a pour sujet principal le pardon et non la gestion de l’argent. 

Dans la comparaison de Jésus, il est fait mention de « dix mille talents » et de « cent deniers ». Certaines traductions parlent de « 10 000 sacs d’argent » et de « 100 pièces d’argent ». On peut lire sur Internet qu’un denier est une pièce d’argent qui correspond au salaire journalier d’un ouvrier. On peut voir également sur le web qu’un talent vaudrait environ 450 000 deniers.

Sans chercher à comprendre ce que représentent exactement ces valeurs, il est bon de souligner que les « dix mille talents » ou les « 10 000 sacs d’argent » représentent une somme astronomique à l’époque de Jésus. A contrario, les « cent deniers » ou les « 100 pièces d’argent » représente une somme plus modeste que la précédente. Ainsi donc, le premier esclave qui doit « dix mille talents » au seigneur a une dette qu’on peut supposer impossible à rembourser.

Certains commentaires font donc un parallèle entre la dette titanesque du serviteur et le péché de l’homme. En effet, il n’est pas possible aux hommes de « rembourser » leur dette du péché (d’où le sacrifice de Jésus-Christ). Si on transpose cette comparaison de Jésus, nous sommes le serviteur possédant une dette (du péché) impossible à rembourser par nos propres moyens. Mais nous avons un Seigneur si bon en amour et en compassion qu’Il nous pardonne ! Cependant, il attend que nous en fassions de-même avec les autres.

Interprétation

Notons que le serviteur dit « prends patience envers moi et je te paierai tout ». Plus tard, le Seigneur lui remet sa dette. Puis, lorsque le Seigneur le rappelle après avoir entendu parler de son comportement, il l’envoi vers les bourreaux jusqu’à ce que sa dette soi payée. Contrairement à une pensée très commune, le fait de pardonner n’implique pas nécessairement d’oublier. Ici, le Seigneur, qui pourtant lui a remis la dette, s’en est souvenu lorsqu’il a envoyé le serviteur vers les bourreaux. Dans l’image que Jésus donne, la morale est le pardon. Le seigneur ne vend finalement ni son serviteur, ni sa femme, ni ses enfants ni tout ce qu’il avait. Ce même seigneur attendait un comportement similaire de la part de ce même serviteur.

Ainsi donc, dans cet exemple, on peut voir que le Seigneur n’oublie pas mais il est pris de compassion et ne demande plus le remboursement ; il remet la dette. Le terme grec (Aphiemi, numéro Strong 863, traduit par « pardonner ») employé par Pierre en Matthieu 18:21 a pour traduction :

  1.  Envoyer au loin, renvoyer, répudier,
  2. Permettre, accorder, donner une chose à quelqu’un,
  3. Quitter, laisser quelqu’un.

Le terme « oublier » en français a aujourd’hui un sens qui laisse penser que notre mémoire doit effacer un souvenir. Or, les définitions du terme grec ne mentionne pas cette idée là par rapport à la mémoire. Dans l’exemple cité par Pierre, il s’agirait plutôt de lui accorder patience et compassion. C’est ce qui ressort de la comparaison que Jésus donne : les esclaves demandent patience, le seigneur est prit de compassion et il accord au premier esclave la remise de dette. Mais, encore une fois, le seigneur n’a pas oublié cette dette car, lorsqu’il envoi le premier esclave en prison, il est précisé : « Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. » (Matthieu 18:34).

La question pratique qui est de savoir si on doit donner à nouveau de l’argent à quelqu’un qui a déjà une dette envers nous n’est, à priori, pas la question ici. A vrai dire, je pense que la réponse à cette question serait à voir au cas par cas. Mais ce chapitre de Matthieu 18 ne nous dit pas de donner encore dans une telle situation. Si vous vous demander si ce passage de la Bible correspond à votre situation, mais que vous ne savez pas comment agir concrètement, je vous invite à poser votre dilemme soit en commentaire de cet article, soit via le formulaire de contact.

Notes

1 – Voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Denier_(monnaie).

2 – Voir sur http://www.bibleenligne.com/commentaire-simple/commentaire/mt/977-matthieu-18-15-35.html.

3 – Voir sur http://www.trigofacile.com/jardins/chronica/civilisation/0400-monnaie.htm.




Eve et les douleurs de l’enfantement

Cette étude s’appuie sur les versets 15 et 16 du chapitre 3 de Genèse. Nous essaierons de comprendre pourquoi Dieu affligea la femme de douleurs sans nom pendant l’enfantement.

Les traductions

Bible Genèse 3.15 Genèse 3.16

Segond 21

(www.topchretien.com)

« Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête et tu lui blesseras le talon. » Il dit à la femme : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses. C’est dans la douleur que tu mettras des enfants au monde. Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. »

Segond 1910

(www.topchretien.com)

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.

Segond 1978 (Colombe)

(www.topchretien.com)

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, Entre ta descendance et sa descendance : Celle-ci t’écrasera la tête, Et tu lui écraseras le talon. Il dit à la femme : Je rendrai tes grossesses très pénibles, C’est avec peine que tu accoucheras. Tes désirs (se porteront) vers ton mari, Mais il dominera sur toi.

Parole de Vie

(www.topchretien.com)

« Voici ce que je décide : la femme et toi, vous deviendrez des ennemis. Ceux qui naîtront d’elle et ceux qui naîtront de toi deviendront des ennemis. Ceux qui naîtront d’elle t’écraseront à la tête, et toi, tu les blesseras au talon. » Ensuite, le SEIGNEUR dit à la femme : « Je rendrai tes grossesses pénibles, et c’est dans la souffrance que tu mettras des enfants au monde. Tu seras attirée par ton mari, mais il sera ton maître. »

Français Courant

(www.topchretien.com)

« Je mettrai l’hostilité entre la femme et toi, entre sa descendance et la tienne. La sienne t’écrasera la tête, tandis que tu la mordras au talon. » Le Seigneur dit ensuite à la femme : « Je rendrai tes grossesses pénibles, tu souffriras pour mettre au monde tes enfants. Tu te sentiras attirée par ton mari, mais il dominera sur toi. »

Semeur

(www.topchretien.com)

Je susciterai l’hostilité entre toi-même et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci t’écrasera la tête, et toi, tu lui écraseras le talon.

Dieu dit à la femme :

—Je rendrai tes grossesses très pénibles, et tu mettras tes enfants au monde dans la souffrance. Ton désir se portera vers ton mari, mais lui te dominera.

Darby

(www.topchretien.com)

Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon. A la femme il dit : Je rendrai très-grandes tes souffrances et ta grossesse ; en travail tu enfanteras des enfants, et ton désir sera tourné vers ton mari ; et lui dominera sur toi.

Martin

(www.topchretien.com)

Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et la semence de la femme ; cette [semence] te brisera la tête, et tu lui briseras le talon. [Et] il dit à la femme : J’augmenterai beaucoup ton travail et ta grossesse ; tu enfanteras en travail les enfants ; tes désirs se [rapporteront] à ton mari, et il dominera sur toi.

Ostervald

(www.topchretien.com)

Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et toi tu la blesseras au talon. Il dit à la femme : J’augmenterai beaucoup ta peine et ta grossesse ; tu enfanteras des enfants avec douleur, et tes désirs se tourneront vers ton mari, et il dominera sur toi.

André Chouraqui

(http://nachouraqui.tripod.com/id83.htm)

« Je placerai l’inimitié entre toi et entre la femme, entre ta semence et entre sa semence. Lui, il te visera la tête et toi tu lui viseras le talon. » À la femme, il a dit: « Je multiplierai, je multiplierai ta peine et ta grossesse, dans la peine tu enfanteras des fils. À ton homme, ta passion: lui, il te gouvernera. »

Hébreu / Grec – Strong

(www.topchretien.com)

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.

Bible interlinéaire

(http://www.sefarim.fr/)

“Je ferai régner la haine entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne: celle-ci te visera à la tète, et toi, tu l’attaqueras au talon. » A la femme il dit: « J’aggraverai tes labeurs et ta grossesse; tu enfanteras avec douleur; la passion t’attirera, vers ton époux, et lui te dominera. »

World english bible

(www.topchretien.com)

“I will put enmity between you and the woman, and between your offspring and her offspring. He will bruise your head, and you will bruise his heel. » To the woman he said, « I will greatly multiply your pain in childbirth. In pain you will bear children. Your desire will be for your husband, and he will rule over you. »

Bible in basic english

(www.o-bible.com)

And there will be war between you and the woman and between your seed and her seed: by him will your head be crushed and by you his foot will be wounded. To the woman he said, Great will be your pain in childbirth; in sorrow will your children come to birth; still your desire will be for your husband, but he will be your master.

King James version

(www.o-bible.com)

And I will put enmity between thee and the woman, and between thy seed and her seed; it shall bruise thy head, and thou shalt bruise his heel. Unto the woman he said, I will greatly multiply thy sorrow and thy conception; in sorrow thou shalt bring forth children; and thy desire shall be to thy husband, and he shall rule over thee.

Le contexte

Dans le chapitre un, les six premiers jours de la création sont décrits. Dans le deuxième chapitre, une nouvelle narration est faite de certains événements décrit dans le chapitre premier. Il se termine par la formation d’Eve à partir de la côte de l’homme.

Dans ce troisième chapitre, le serpent séduit Eve afin qu’elle prenne du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin. Ce qui avait été défendu par Dieu. Elle en donne aussi à son mari, Adam. Lorsque Dieu s’aperçoit de cela et qu’Il demande à l’homme pourquoi il a fait cela, il répond en rejetant la faute sur Eve et sur Dieu lui-même. Quant à Eve, lorsque Dieu lui demande pourquoi elle a fait cela, elle avoue avoir été séduite par le serpent.

Genèse

Résumé des chapitres un, deux et trois du livre de la Genèse de la Bible.

Eve et les grossesses

Ce qu’on pourrait penser

Après une première lecture de ce texte, on pourrait penser que Dieu a décidé de punir Eve de sa désobéissance en la faisant affreusement souffrir à chaque fois qu’elle donnerait la vie…

surprise

Mais alors, pourquoi Dieu, un dieu d’amour, voudrait-il délibérément faire souffrir sa créature et par là toutes les autres femmes ? Il touche à l’enfantement, le seul moyen par lequel la femme peut donner la vie. Un aspect fondamental de l’identité de la femme. Doit-on comprendre par là que, puisque la femme a péché, Dieu va la faire souffrir ? Quand notre enfant commet une faute, allons-nous le faire souffrir, lui et ses enfants ? Est-ce donc une punition ou une vengeance de la part de Dieu ?

Bien sûr, la réponse est : non. Nous allons voir que, contrairement à ce qu’on pourrait penser après une première lecture de ce texte, Dieu n’a pas puni Eve ; bien au contraire !

La traduction

La traduction littérale du texte original nous donne « je multiplierai ta peine et tes grossesses ». Le mot « multiplier » correspond au mot hébreu rabah (רָבָה). Le mot « peine », toujours en hébreu (‘itstsabown, עִצָּבוֹן dont la définition est : peine, labeur, privation, douleur, dur travail1), est employé deux autres fois dans toute la Bible : Genèse 3.172 et Genèse 5.293. Grâce à ces deux autres versets de la Genèse, nous comprenons que la peine peut être définie comme étant une difficulté due à une malédiction ; malédiction posée, non pas toujours sur l’individu lui-même, mais sur un élément de son environnement, comme ce fut le cas pour Adam.

La logique

Les traductions utilisant la formulation « j’augmenterai » ou « je rendrai tes grossesses [très] pénibles » ne sont pas révélatrices de l’Amour de Dieu ; elles ne sont donc pas appropriées.

  • Le fait d’augmenter implique qu’il y est un précédent, une souffrance initiale qui pourra être augmentée. Nous sommes dans le jardin d’Eden, la femme vient de pécher, elle n’a vécu encore aucune grossesse. Dans le plan initial de notre Seigneur, la souffrance n’était pas présente ; Dieu est Amour. Cette traduction qui implique un état de souffrance dès la création de la femme n’est donc pas cohérent avec la personnalité de Dieu,

  • La première bénédiction faite par Dieu pour l’homme et la femme se trouve dans Genèse 1.28. La grossesse est au cœur de cette bénédiction. Cette bénédiction apparaît également dans Deutéronome 7.134, 28.45, 28.116 et 30.97. On constate que l’idée de la punition ou de la vengeance n’est pas cohérente avec la volonté évidente de Dieu de vouloir bénir l’homme et la femme. Toujours dans cette idée, cela supposerait que Dieu ait un double langage ; Il bénit et Il augmente les souffrances des grossesses. Plus Il bénit par les grossesses, plus il multiplie les souffrances de la femme. C’est de la perversité, non pas de l’amour. Cela ne correspond donc pas avec la personnalité de notre Seigneur.

 

Le choix d’Eve

Jusque là, l’auteur du livre de la Genèse avait écrit en prose. Au moment où Dieu s’adresse au serpent, à la femme puis à l’homme, le texte prend une forme poétique, laquelle sera également utilisée plus tard par les prophètes parlant au nom de Dieu.

Le Seigneur s’adresse d’abord au serpent, puis à la femme et enfin à l’homme. La structure du discours de Dieu est un chiasme. On constate alors que les paroles prononcées à l’égard d’Eve se trouvent au centre.

idée

Rappelons que, dans la conception biblique, le plus important se trouve au centre. Le personnage le plus important ici est donc Eve.

Chiasme

Schéma représentant la structure chiasmatique d’une partie du chapitre trois du livre de la Genèse de la Bible.

D’autre part, la formulation « Puisque tu » est utilisée lorsque Dieu s’adresse au serpent et à Adam. Notez que cette expression n’apparaît pas dans les paroles prononcées à l’égard d’Eve. Cette formulation implique une conséquence et dans ce cas précis une malédiction. Remarquez donc que Dieu ne prononce pas de malédiction à l’égard d’Eve (le mot maudit n’apparaît pas).

Incompréhension

Bon ! Faut savoir ! Dieu ferait souffrir Eve et en même temps vous me dites qu’Il la favoriserait ?!!

Pour mieux comprendre, observons la réponse d’Adam dans Genèse 3.138 : « C’est la femme que tu as mise (nathan en hébreu) auprès de moi qui m’a donné (nathan) de l’arbre, et j’en ai mangé. »

Dans l’explication d’Adam, le don du fruit par la femme, fait pendant au don de la femme par Dieu. Adam fait mine de recevoir l’un aussi innocemment que l’autre. Certes, pris au piège des conséquences trop évidentes du péché, il reconnaît avoir mangé du fruit, mais, à priori, ne se remet pas en question. Il suggère qu’en lui donnant son épouse, Dieu lui aurait aussi indirectement donné ce fruit. Dans sa logique, Dieu serait donc l’unique responsable du péché. Si malheur il y a, tout est de la faute de Dieu ! En cela, il rejoint les assertions du grand Accusateur, tant et tant de fois relayées sur terre par bien d’autres êtres humains.

Observons maintenant la réponse d’Eve : certes, sa réponse implique elle aussi, un autre personnage : le serpent. Comme Adam le fait avec elle-même, Eve aurait pu préciser que le dit serpent avait été créé et mis auprès d’eux par Dieu, histoire de détourner un peu l’attention de son propre péché. Mais point de telle mention dans la réponse d’Eve ; aurait-elle déjà compris que l’animal créé par Dieu n’est pas son véritable tentateur, mais bien le grand Ennemi de Dieu ? Ensuite, Eve affirme avoir été séduite. Contrairement à Adam, Eve comprend qu’il n’y a pas qu’une simple histoire d’échange de fruit, mais une machination perverse à laquelle elle a succombé. Qui plus est, elle fait face avec honnêteté à cette analyse de la situation, et ne cherche pas à se dédouaner de ses responsabilités. Cette compréhension la fait déjà sortir de son état de victime séduite, puisqu’elle a identifié deux choses :

  • La séduction, machination qu’elle nomme explicitement,

  • Le véritable Séducteur, qu’elle reconnaît ne pas venir de Dieu et qui s’est dissimulé sous le couvert d’un animal.

N’avons-nous pas là cette démarche fondamentale de ce que nous appelons la « repentance », ou « changement d’esprit » ? Certes, Eve ne s’agenouille pas, n’implore rien de particulier, ne demande même pas pardon… pouvait-elle même connaître ces notions, dans le monde sans péché qu’elle avait habité jusque là ? Mais Dieu regarde au cœur, comme le dira plus tard le psalmiste. Et Il voit dans quel changement d’esprit Eve se trouve. Il voit sa repentance.

Parée pour la guerre

Au verset 15, Dieu décide de faire la guerre au serpent et Il prend la femme comme associée, de préférence à l’homme. Ainsi est conclue la première alliance entre Dieu et les humains. Cette alliance n’aurait pas pu s’établir si Eve n’avait pas fait le choix de suivre Dieu et de se détourner du serpent.

Toujours au verset 15, on constate que la femme est au premier plan dans la lutte contre le mal. Elle va devoir se battre avec Dieu contre le mal. On peut voir dans ce verset une corrélation avec Apocalypse 12.179. Dans ce verset de l’Apocalypse, la femme représente l’église où elle incarne l’élément centrale dans la lutte contre le mal. L’Eternel ne peut pas enlever le péché commis par Eve mais Il va lui montrer tout son Amour. Cependant, comme dans toute guerre, il va y avoir de la peine. Dieu prévient son associée car le serpent va vouloir la détruire jusqu’au bout (message de l’Apocalypse). Donc ce n’est pas une peine pour ses grossesses. Dieu va multiplier en abondance les grossesses de la femme pour lutter contre le serpent jusqu’à ce que vienne le Messie. Pour ainsi faire venir Celui qui pourra terrasser le serpent. Si Dieu n’intervient pas auprès des femmes (de cette lignée) alors la victoire est impossible. On retrouve cette promesse faite à Abraham dans Genèse 22.1710. Eve seule reçoit la même promesse que Dieu va faire plus tard à Abraham. Dieu n’avait pas l’intention de punir la femme. Il a béni Eve car elle avait besoin de cette bénédiction pour lutter contre le serpent (Eve a choisi délibérément de lutter avec Dieu contre le serpent). Quant à Adam, il s’est convertit lorsqu’il comprit que Eve « fut la mère de tous les vivants » (Genèse 3.2011).

Eve s’écrit « Chavvah » en hébreu et cela signifie « vie » ou « vivant ».

Le salaire du péché

Notons que seul le serpent à été maudit. En effet, le seul péché impardonnable est celui contre l’Esprit (Matthieu 12.31-32).

Adam n’a pas été maudit mais devra cultiver une terre maudite à la sueur de son front. Or Adam s’est convertit un peu plus tard (Genèse 3.20). L’Eternel connaît l’avenir ; il savait qu’Adam se tournerait vers Lui.

Eve, ayant pris position aux côté de Dieu dans cette guerre, sera « attaquée » par le mal tout au long de sa vie. Néanmoins, elle a reçu une bénédiction de la part de l’Eternel (la multiplication des grossesses). Mais, en choisissant le camp de Dieu, elle s’attire les foudres du serpent et à cause de ce dernier elle « enfantera dans la douleur ».

Péché

Schéma représentant le salaire du péché dans le contexte du chapitre trois du livre de la Genèse de la Bible.

Conclusion

  • La traduction littérale du texte original est « Je multiplierai ta peine et tes grossesses »,

  • Il n’y avait pas de peine dans le plan initial de Dieu ni dans l’Eden,

  • Eve s’est repenti humblement après avoir péché,

  • Eve a été choisie comme associée de Dieu dans la lutte contre le serpent (elle est au centre du conflit),

  • Dieu a béni Eve par la multiplication des grossesses,

  • Cette bénédiction de Dieu va permettre la venue du Messie qui vaincra le péché,

  • La peine qu’Eve va endurer découle du conflit entre Dieu et le serpent,

  • Le salaire de l’homme est la terre maudit à cultiver par la sueur de son front.

Sources

Notes de bas de pages

1 Définition et traduction selon http://www.enseignemoi.com.

2 Il dit à l’homme : « Puisque tu as écouté ta femme et mangé du fruit au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : ‘Tu n’en mangeras pas’, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. Bible Segond 21.

3 Il l’appela Noé en disant : « Celui-ci nous consolera de notre travail et de la peine que ce sol procure à nos mains parce que l’Eternel l’a maudit. ». Bible Segond 21.

4 Il t’aimera, il te bénira et te multipliera. Il bénira tes enfants, le produit de ton sol, ton blé, ton vin nouveau et ton huile, les portées de ton gros et de ton petit bétail, dans le pays qu’il a juré à tes ancêtres de te donner. Bible Segond 21.

5 Tes enfants, le produit de ton sol, les portées de tes troupeaux, de ton gros et de ton petit bétail, tout cela sera béni. Bible Segond 21.

6 L’Eternel te comblera de biens en multipliant tes enfants, les portées de tes troupeaux et le produit de ton sol dans le territoire qu’il a juré à tes ancêtres de te donner. Bible Segond 21.

7 L’Eternel, ton Dieu, te comblera de biens en faisant prospérer tout le travail de tes mains, tes enfants, les portées de tes troupeaux et le produit de ton sol. En effet, l’Eternel prendra de nouveau plaisir à ton bonheur, tout comme il prenait plaisir à celui de tes ancêtres. Bible Segond 21.

8 L’Eternel Dieu dit à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée et j’en ai mangé. ». Bible Segond 21.

9 Furieux contre la femme, le dragon s’en alla faire la guerre au reste de sa descendance, à ceux qui respectent les commandements de Dieu et qui gardent le témoignage de Jésus. Bible Segond 21.

10 Je te bénirai et je multiplierai ta descendance : elle sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel, pareille au sable qui est au bord de la mer. De plus, ta descendance possédera les villes de ses ennemis. Bible Segond 21.

11 Adam appela sa femme Eve, car elle devait être la mère de tous les vivants. Bible Segond 21.